Partager l'article ! Dans l'antre de Vulcain: Jeudi 8 avril Nous partons en milieu de matinée pour faire l'ascension du volcan. On arrive au sommet par ...
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Jeudi 8 avril
Nous partons en milieu de matinée pour faire l'ascension du volcan. On arrive au sommet par un sentier escarpé, mais assez large et praticable. Heureusement d'ailleurs car nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée. Le volcan est une des principales attractions touristiques de l'île.
Dans la dernière partie du sentier nous progressons au milieu de tuf rougeâtre et friable typique de ce type de volcan.
A l'arrivée nous découvrons le cratère de la Fossa et les nombreuses fumerolles sulfureuses qui s'en échappent. L'odeur du soufre est bien plus forte. En s'approchant des fentes qui dégagent les gaz et les fumées, il est difficile de ne pas être incommodé par ces émanations. Les yeux piquent, la gorge devient sèche, râpe, la respiration est gênée. L'interdiction de rester près des fumerolles est d'ailleurs inscrite sur un panneau, celles-ci pouvant entraîner de graves intoxications.
Nous ne restons pas trop dans cette zone et prenons le sentier qui fait le tour du cratère et amène au point culminant. Pour redescendre à notre point de départ, nous devons passer par la zone où se trouvent le plus grand nombre de fumerolles (ça n'est pas sans me déplaire, je veux prendre des photos).
Afin de ne pas être embêtés par les émanations, nous nous protégeons le visage avec nos pulls et ainsi pouvons sans problème admirer de plus près les cristaux de soufre. Dans les trous nous découvrons un autre monde où sont visibles les différents états du soufre et les dégradés de couleurs qu'il présente (allant du blanc au rouge, en passant par des jaunes et oranges lumineux).
Au fond de la Fossa, nous apercevons trois personnes extrayant des blocs de soufre destinés à la vente. Ils sont munis de masques à gaz et restent ainsi des heures au fond du cratère.
En redescendant au bateau, nous passons devant les bains de boues soufrées et voyant qu'il est possible aussi d'y prendre une douche, nous décidons de venir tenter l'expérience dans l'après-midi.
Cette boue est reconnue pour ses vertus et aurait des propriétés amincissantes, astringentes, cicatrisantes...Elle aiderait à combattre l'obésité, la cellulite, l'acné et bien d'autres choses encore. Mais les cures doivent se faire petit à petit car c'est assez agressif pour la peau. Il est conseillé de ne pas rester dans l'eau boueuse plus de 30 mn. Pour un meilleur effet il faut s'enduire le corps de boue et attendre qu'elle sèche puis aller se rincer dans la mer d'où s'échappent aussi des fumerolles chauffant certaines zones. Les températures varient de 16° (température actuelle de la mer) à 35°.
Quelques heures plus tard, nos affaires sur le dos, nous voilà devant cette « mare » de boue gris clair où pataugent déjà quelques personnes. L'odeur est aussi prenante qu'en haut du volcan. Cela a d'ailleurs l'air de beaucoup indisposer un groupe d'ados vu les cris et les nombreuses remarques dégoutées qu'ils formulent !
L'eau boueuse est tiède et c'est agréable de s'y baigner, dehors il fait plutôt chaud même si un petit vent d'ouest refroidi l'air. La boue est argileuse, le contact est très agréable. Nous nous prenons au jeu et jouons aux statues d'argile. Puis direction la mer, qui est à quelques mètres derrière nous, pour se rincer. Là c'est une autre paire de manches...pour atteindre la zone où l'eau est chaude il faut passer par celle qui ne dépasse pas 16° et c'est franchement pas facile...notre premier bain de mer de l'année n'a pas duré longtemps.
La peau veloutée mais salée, nous nous dirigeons vers les douches pour nous rincer à l'eau douce. Nous introduisons nos jetons dans la machine, nous savonnons tout en nous rendant compte que seul un mince filet s'échappe de la pomme de douche...s'ensuit une pluie de gouttelettes. Manu furieux part réclamer des jetons supplémentaires au guichet d'entrée pensant que la machine dysfonctionne.
Rebelote avec les jetons suivants, nous commençons à péguer et sommes frigorifiés. Je vais demander des explications à mon tour, l'employé vient voir et nous annonce de but en blanc qu'il n'y a plus d'eau dans la cuve et qu'il va nous rembourser. A ce moment là c'est le cadet de nos soucis, nous nous trouvons dans un état plutôt inconfortable et nous qui rêvions d'une vraie douche depuis une semaine ! Tant pis, nous nous enroulons dans nos serviettes et rejoignons l'annexe, puis Chrysor, au pas de course. Pour finir nous pouvons nous rincer et nous laver correctement avec la douche solaire, Manu ayant eu la géniale idée de la mettre au soleil le matin même.
En début de soirée le temps vire à l'orage. Le vent d'ouest se lève et nous ne sommes pas dans le bon mouillage, nous préférons partir avant la tombée de la nuit et retournons à Policastro.
Nous retrouvons Alain et Franceline avec qui nous partageons une bouteille de Malvoisie (vin doux proche du ratafia et de la cartagène) et un risotto aux aubergines.
Vendredi 9 Avril
Nous profitons de ce retour pour aller racheter une recharge de gaz, la bouteille nous ayant lâché au mouillage, refaisons le plein d'eau et prenons la météo avant de repartir sur Vulcano.
En rentrant nous achetons un morceau d'espadon aux pêcheurs. Tourne-retourne dans la poêle, filet d'huile d'olive et de citron, agrémenté de quelques câpres : un régal.
Avec tout ça, la sieste a été longue !
La soirée se passe dans le bateau d'en face, avec Alain et Franceline, qui nous ont invité à dîner et offert des légumes, ils sont vraiment adorables.
Samedi 10-Dimanche 11 Avril
Bon vent d'ouest qui nous permet de faire un tour à la voile avant d'aller rejoindre le mouillage du Levante.
D'entrée l'odeur de soufre nous titille les narines. C'est au fond de la baie que se trouvent les fumerolles sous-marines et la résurgence de boue soufrée. Le mouillage est beau mais est beaucoup moins calme et tranquille que celui du Ponente. Nous sommes à quelques centaines de mètres du quai sur lequel accostent les ferrys et les aliscafi qui font la liaison avec la Sicile mais aussi entre les îles elles-mêmes. Nous sommes donc régulièrement ballotés.
Encore une fois en arrivant nous sommes seuls au mouillage mais le dimanche nous voyons arriver dans l'après-midi un bateau de location. On commence à s'habituer à ne pas croiser grand monde...cependant ça ne va pas durer avec la belle saison qui arrive.
Pendant que je lis profitant du soleil déclinant, Manu décide de pêcher avec notre nouvel appât...(c'est étonnant ce que peut manger un poisson). Moins de 10 minutes plus tard, première touche et première prise d'une jolie bête (25 cm) de la famille de la saupe. Manu en est tout émoustillé. Remonté comme une horloge, motivé et à l'écoute du moindre petit tressaillement du bouchon, il scrute l'eau cherchant à apercevoir les poissons qui s'approchent.
Dans les trente minutes qui suivent, deux autres poissons viennent s'ajouter à son trophée : deux pagres rayés d'une vingtaine de centimètres. Nous essayons de faire une marinade avec le saupe mais ce n'est pas concluant. Nous finissons donc par le manger cuit.
Pour ce qui est des pagres, Manu lève les filets et nous les faisons en panure. Excellent résultat, la chair était tendre et croustillante à souhait.
Une fois encore, le vent attendu ne correspond pas à celui que nous avons. Éole s'est joué de nous, une fois de plus ! L'idée de lui faire des offrandes commence à germer dans nos petites têtes...
Prudents comme toujours, nous préférons quitter le mouillage avant qu'il ne fasse trop vilain temps et rejoignons à nouveau Policastro.
Lundi 12-Vendredi 16 Avril
Alain et Franceline sont toujours là, nous passons encore quelques soirées ensemble et profitons de la douche de leur bateau. Prendre une douche quand on le veut est un luxe dont on se rend compte quand on n'y a pas accès !
Nous avons envie d'aller voir le Stromboli et ses émissions de jets de lave, où le spectacle de nuit ressemble à un feu d'artifices. Nous attendons d'avoir les bonnes conditions météo pour pouvoir le faire. Malheureusement celles-ci ne sont pas arrivées, les seuls moments où le vent était favorable, la couverture nuageuse était trop importante pour espérer voir quoi que ce soit! Nous laissons tomber.
En effet, le temps n'est plus au beau fixe quotidien, bien que les températures soient toujours très agréables et le soleil quand même assez présent.
Nous retrouvons la pluie (cela faisait un peu plus d'un mois que nous ne l'avions pas vu et elle ne nous manquait pas !) et les heures de lecture sur les bannettes du Chrysor.
A ce propos le choix de lecture commence à sérieusement s'amenuiser, il va falloir trouver une solution (nous en avons plusieurs mais verrons le moment venu laquelle est la plus adaptée). Franceline m'a donné un petit bouquin d'une écrivain sarde qui est plutôt plaisant mais trop rapide à lire...il est déjà fini.
Nous continuons aussi, nos excursions lipariennes. Après la poursuite de l'exploration des ruelles de la vieille ville, nous avons visité le cimetière et les thermes de San Calogero.
Ces anciens thermes romains sont situés sur la côte ouest de l'île où peu de personnes vivent. Ils sont abandonnés depuis longtemps et, malgré le rachat par la région (Sicile) en vue d'une restauration et d'une ouverture au public, le bâtiment est à l'abandon. Une fenêtre étant cassée nous sommes entrés à l'intérieur, où l'on peut voir que des travaux relativement récents ont été effectués mais laissés en plan. Comme c'est très souvent le cas dans cette région, les finances publiques étant largement détournées par les systèmes mafieux. De plus, la partie extérieure du site, qui aussi la plus ancienne (comprenant la source d'eau chaude) appartient à un privé qui laisse lui aussi le lieu se détériorer.
Nous avons appris tout cela grâce à Angelo, notre « guide » ce jour là. Pour quelques euros, Angelo fait visiter aux touristes, et surtout commente, explique, raconte l'histoire du lieu. Pour boucler les fins de mois, il propose de la Malvoisie et des câpres maison. Le coffre de sa voiture lui servant de réserve.
Après cette petite visite, nous sommes rentrés jusqu'au bateau à pied entre nuages et éclaircies, empruntant de petits sentiers où toutes les odeurs du printemps étaient rassemblées : genêts, capucines, acacias...